Que vous débarquiez pour un mois ou pour plusieurs années, une bonne connaissance du marché du travail sur le caillou s'impose.
Vous entendrez beaucoup de témoignages, souvent contradictoires, sur la difficulté de trouver du travail en Nouvelle-Calédonie. Certains se plaignent du fait que la fameuse " préservation de l'emploi local", ne permet pas de trouver facilement un emploi.
D'autres, routards dans l'âme, expliquent que, comme partout ailleurs, patiente et humilité permettent de facilement trouver sa place.
Comme souvent, "la vérité" se trouve probablement entre ces deux visions et sera de toute manière conditionnée par vos compétences, votre motivation, votre faculté d'adaptation...
Par "adaptation" il est nécessaire de comprendre "capacité de repartir à zéro", et parfois de revoir ses exigences professionnelles et salariales.
En effet, dans la majorité des cas, vous ne retrouverez pas le poste que vous avez quitté en métropole !
la grande majorité des employeurs calédoniens ne prendra que peu en compte votre cv, il vous jugera à l'essai plutôt que sur votre parcours passé (qu'il n'a pas facilement la possibilité de vérifier de toute façon !)
Il importe plus aux yeux d'un employeur potentiel que vous ayez une première expérience professionnelle réussie sur le territoire (même s'il ne s'agit que d'un mois dans la restauration) plutôt que de chercher obstinément à obtenir, pour premier emploi, un poste similaire à celui que vous avez quitté.
Les chiffres de l'emploi en Nouvelle Calédonie :
En juin 2006, la population active sur le Territoire s'élevait à 83 000 personnes. Sur ce nombre, on comptait 73 858 salariés dont 51 666 évoluaient dans le secteur privé. Les fonctionnaires étaient au nombre de 22 192.
En novembre 2006, le Territoire comptait 6591 demandeurs d'emploi, soit un recul de 15.7 % comparé à novembre 2005.
Parallèlement, l'APE (Agence Pour l'Emploi) proposait autour de 400 offres d'emplois par mois. Concernant ces offres, la répartition était la suivante :
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BTP/Mines : 15.3 %
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Services Administratifs et Commerciaux : 13.4 %
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Transports et logistique : 10.9 %
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Services aux personnes et collectivités : 10.3 %
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Hôtellerie : 8.6 %
Par ailleurs, le contrat le plus courant est le CDD avec un total de 71 % des contrats existants. Le CDI avec 18 % et l'intérim avec 11% arrivent loin derrière.
L'économie calédonienne est considérée comme jeune et dynamique. Si on la compare à celle de nos voisins océaniens (Vanuatu, Fidji...) ce dynamisme devient encore plus flagrant...Le surnom de "Suisse du Pacifique" est parfois utilisé pour parler du Territoire.
La préférence locale.
Afin de vous prémunir de toute désillusion une fois arrivé en Calédonie, il est important de garder quelques règles essentielles à l'esprit.
A compétence égale, un natif du Territoire sera toujours préféré à un expatrié. Si cette règle, bien peu républicaine, vous choque sachez qu'elle a une explication historique mais également légale. En effet, le statut très particulier de la Nouvelle-Calédonie (et en particulier sa possible indépendance un jour) permet aux calédoniens de réserver des emplois aux "enfants du pays". Les accords de Matignon en 1988 puis de Nouméa en 1998 ont encadrés cette spécificité.
S'il est possible de débattre sans fin de l'opportunité ou de la justesse de ces dispositions, il est inutile de s'en offusquer une fois sur le Caillou. Cette donnée est absolument à prendre en compte dans vos démarches professionnelles.
Cet handicap certain pour le métropolitain en recherche d'emploi est néanmoins compensé à plusieurs titres :
Malgré cette préférence locale, vous serez accueillis à bras ouverts si vous amenez des compétences particulières, inexistantes sur le Territoire. A de nombreux points de vue, la Nouvelle-Calédonie reste une "terre de pionniers" où de nombreuses choses restent à faire.
Votre motivation et votre engagement personnel seront également déterminants dans un système qui n'est pas exagérément atteint par la "diplômite"...En effet, le monde du travail calédonien est très influencé par l'esprit anglo-saxon qui permet de compenser une absence de qualification par l'ambition et un travail acharné.